Par Zurbains.com
Vendredi 13 novembre 2009
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Source © 2009
Zurbains.com
Les seniors, c'est aussi de la compétence à préserver.
Faire partir par centaines de milliers les salariés les plus anciens, peut avoir des conséquences lourdes à long terme !
À trop oublier l'importance de la transmission des savoirs, les entreprises risquent de se trouver face à un déficit de compétence...
Quatre ans après leur introduction dans le cadre d'un accord GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences), et deux ans après que leurs indemnités se sont vues exonérées de charges
sociales, les plans de départs volontaires sont en passe de s'installer durablement dans le mode de gestion des entreprises en restructuration.
"L'appel au volontariat représente, désormais, entre 50% et 60% des plans de réduction d'effectifs que nous accompagnons", confie Jean-François Carrara, responsable du département
développement et ressources humaines chez Algoé.
Si les grandes entreprises s'en révèlent friandes - en septembre, Air France a annoncé, à son tour, 1 500 départs sur la base du volontariat -, les PME ne sont pas en reste, qui mettent parfois
en oeuvre des plans pour 20 ou 30 personnes.
"Le volontariat permet souvent de faire accepter une restructuration en douceur, souligne Olivier Labarre, directeur général adjoint du groupe BPI. Il fait même disparaître le terme de
�licenciement économique� de l'actualité ! Au final, dirigeants, actionnaires, politiques, syndicats, salariés bien souvent, tout le monde y trouve son compte."
Au point que les plans de départs volontaires apparaissent parfois comme la recette magique... qu'ils ne sont pas.
"Quand je rencontre un chef d'entreprise pour qui il sera difficile
d'appréhender la gestion prévisionnelle des métiers et des compétences, je le dissuade de mettre en oeuvre un plan de départs volontaires, explique Marijke Granier-Guillemarre, avocate associée
du cabinet Sarrau Thomas Couderc. Ce serait, à coup sûr, ouvrir la voie à une désorganisation."
Dans les faits, le �bêtisier� s'enrichit, en effet, de jour en jour : entreprises contraintes de recourir à l'intérim à la suite d'un plan de départs volontaires mal calibré, voire de réembaucher
des équipes entières quelques semaines après leur départ !
Chez Arcelor Mittal, l'hémorragie de compétences à la suite du départ de 2 800 volontaires (10 % de l'effectif) a entraîné de sérieuses difficultés.
Le site de Florange, en Moselle, a, notamment, dû faire appel à des intérimaires �sur des postes clés�.
Les syndicats tirent la sonnette d'alarme. "En termes de surcharge de travail et de désorganisation, les plans de départs volontaires n'ont rien à envier aux PSE. Bien au contraire", confirme un
délégué syndical de la métallurgie.
Restructuration en douceur ou stratégie à court terme ?
"En matière de départs volontaires, tout est possible, le pire comme le meilleur, nuance un consultant. Si j'estampillerais
volontiers certains plans de �socialement responsables�, force est de constater qu'en période de récession économique, ils servent surtout à alléger la barque sans s'occuper du lendemain..."
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