Par Le Monde
Mercredi 25 novembre 2009
3
25
/11
/2009
10:01
Source :
LE MONDE |
20.11.09
AFP/ERIC PIERMONT / Le siège de Total à la Défense.
La relaxe générale des prévenus dans le procès de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse, jeudi 19 novembre, ne va pas améliorer l'image de Total dans l'opinion. En
2009, le groupe pétrolier restait bon dernier dans le classement des 30 grandes entreprises françaises réalisé chaque année par Ipsos (baromètre Ipsos- Posternak-Margerit). Il a toujours contesté
sa responsabilité dans les différentes affaires où il est impliqué : marée noire de l'Erika, catastrophe d'AZF, accusations de soutien indirect à la junte birmane, soupçons de corruption dans la
passation de marchés au Moyen-Orient…
Dans l'affaire de l'Erika, le directeur général de Total,
Christophe de Margerie, n'a jamais reconnu la
responsabilité de son groupe établie en janvier 2008 par le tribunal correctionnel de Paris. Il a fait appel et ses avocats estiment que la justice doit revenir sur le
"nouveau droit
maritime", établi par le jugement en première instance, qui inclut l'affréteur du navire dans la liste des responsables en cas de pollution. En privé, les dirigeants de Total ont toujours
affirmé ne pas s'expliquer l'explosion de l'usine AZF.
BUSINESS ET GÉOPOLITIQUE
Un autre type d'affaires colle à la quatrième "major" pétrolière mondiale : la corruption. M. de Margerie a été mis en examen, fin 2006, pour le versement présumé de commissions occultes
qui auraient permis de contourner l'embargo sur les exportations d'or noir irakien et le programme des Nations unies "Pétrole contre nourriture" à la fin des années 1990. "Un dossier sans
fondement", avait répliqué son avocat.
En mars 2007, le patron de Total était de nouveau mis en examen, cette fois pour ses activités en Iran dans les années 1990. Ancien patron de la zone Moyen-Orient, M. de Margerie aurait accepté
de verser des pots-de-vin – notamment à la famille du président Hachemi Rafsandjani – pour pouvoir
conclure des contrats gaziers avec la compagnie nationale des hydrocarbures (NIOC). Il s'en est défendu en expliquant que les sommes étaient en fait destinées à des actions de lobbying licites en
direction d'intermédiaires, non à la corruption de décideurs. En succédant à Thierry Desmarest en février
2008, M.de Margerie avait aussihérité des suites d'une enquête préliminaire, ouverte sur des faits de "corruption d'agents publics étrangers" au Cameroun.
Première entreprise française par la capitalisation (99 milliards d'euros), le chiffre d'affaires (180 milliards) et les profits (13,9 milliards en 2008), elle est plus que d'autres exposée aux
critiques de l'opinion. En opérant dans 130 pays et dans un secteur exploration-production où "business" et géopolitique sont souvent intriqués (Iran, Irak, Russie, Venezuela, Bolivie,
Nigeria…), elle essuie également le feu nourri des associations de défenses de l'environnement – voire des droits de l'homme, comme en Birmanie.
"J'en ai assez de voir Total diabolisé", s'emporte régulièrement M. de Margerie, estimant que sa multinationale est un atout pour la France. Attaqué par la gauche et des organisations
non gouvernementales, il a reçu le soutien de Nicolas Sarkozy et du premier ministre, François Fillon. Total s'est doté d'une direction spécialisée dans la veille économique, géopolitique et juridique. Ses
correspondants à l'étranger sont chargés d'évaluer les risques et d'alerter les dirigeants
Article paru dans l'édition du 21.11.09
D'un Point de Vue (Fx LECHAT)
Philippe FERAL
René CAUNES
Des Infos du Conseil (F VAREILLES)