Par JDD.fr
Samedi 19 septembre 2009
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Loon Plage - Dunkerque - Mai 2009.
La décision d'Eric Besson, ministre de l'Immigration, de fermer la "jungle" de Calais, "avant la fin de la semaine prochaine" ne cesse de susciter la colère des associations. Corinne
Lepage, députée européenne de la circonscription nord-ouest et vice-présidente du Modem connait bien cette zone, où se retrouvent des centaines de migrants désirant "passer" en Angleterre. Elle
explique au JDD.fr qu'il faut "sortir de ce système".
Vous vous êtes rendue dans la "jungle" au cours de la campagne pour les élections européennes. Qu'avez-vous découvert là-bas?
Je suis allée sur place, non pas dans la "jungle", mais à Loon-Plage, à proximité. J'ai eu un choc. Ce n'est pas le tiers-monde, c'est le 'quint-monde': on ne peut pas croire que des choses comme
ça existe en France. Il y a là-bas des gens qui vivent dans des tentes, à côté de tas d'immondices, qui n'ont ni eau, ni nourriture. Il faut un minimum de décence dans l'accueil de ces personnes et
il n'y est pas. Ce sont des traitements bestiaux, on se croirait dans un des endroits les plus pauvres du monde.
D'où vient le problème, selon vous?
Ce sont des gens, pour ceux que j'ai vu, qui ont droit au statut de réfugiés politiques, puisqu'ils sont originaires d'Irak ou d'Afghanistan. Le problème est qu'ils ne veulent pas rester en France
mais plutôt aller au Royaume-Uni, car là-bas on leur donne une certaine somme d'argent, un toit et un travail. Forcément, la France les intéresse moins. C'est pour ça qu'ils sont installés sur
Calais, Loon-Plage et bientôt vers Dunkerque. Et ce n'est pas parce que l'on va fermer un camp que le problème va disparaître. Concernant la sécurité publique, c'est mieux qu'il soit ensemble
plutôt qu'ils soient isolés, sans avoir de quoi manger. Dans ce cas de figure, ils ne sont pas pris en charge par les associations.
Que proposez-vous pour sortir de cette situation?
Il faut traiter le problème à la base: au niveau communautaire. Si on reçoit des gens venant de ces contrées, c'est dû à des choix qui sont concertés par les Etats de l'Union. Il faut également
revoir nos accords avec Londres. Nous ne pouvons pas avoir des obligations vis-à-vis du Royaume-Uni en empêchant ces personnes de s'y rendre et, dans le même temps, laisser la loi anglaise être un
tel aspirateur à espoirs. De plus, ce qui est fait est inefficace: il y a toujours à peu près autant de gens dans les camps et il en arrive tout le temps. Il y en a donc qui s'en vont
obligatoirement. Il faut sortir de ce système. L'Etat ferme la jungle, très bien, mais il faut une solution de remplacement. La période hivernale va arriver, qu'allons-nous faire de ces gens? Si le
gouvernement pense qu'ils vont retourner en Irak ou en Afghanistan, ils n'ont aucune chance. Ils n'ont pas fait tout ce chemin pour retourner au pays.
Propos recueillis par Vivien Vergnaud -
leJDD.fr
Jeudi 17 Septembre 2009
D'un Point de Vue (Fx LECHAT)
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Des Infos du Conseil (F VAREILLES)