Par Les Démocrates
Vendredi 25 septembre 2009
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18:54
Source :
LesDemocrates.fr / 25 sept.
Le président du Mouvement démocrate (MoDem) affirme avoir reçu de nombreuses réponses positives à son « offre publique de dialogue » adressée aux autres formations de l’opposition.
François Bayrou était hier l’invité de l’émission « Face aux chrétiens » animée par Paula Boyer. Il répondait aux questions de Louis Daufresne (Radio Notre- Dame), Romain Mazenod (RCF) et Céline
Rouden (La Croix).
Que pensez-vous de l’action de Nicolas Sarkozy [...] pour réguler le capitalisme financier ?
FRANÇOIS BAYROU : Allumer les projecteurs uniquement sur le bonus des traders, c’est pour moi une diversion qui empêche de s’intéresser aux causes fondamentales de la crise que nous venons de
vivre.
On a, depuis un certain nombre d’années, mélangé l’activité de protection de l’épargne assurée par les banques et l’activité de jeu de casino, de spéculation. Un certain nombre de marchés
échappent à la prudence et à la régulation. Ce sont ces règles-là qu’il convient de changer.
Est-on en train de le faire ? À mon avis, non.
Le travail d’un médecin n’est pas de soigner les symptômes, mais de traiter les causes.
Pourquoi les États ne s’entendent- ils pas pour imposer ces règles ?
Parce qu’il y a de très gros intérêts en jeu. Il suffirait pourtant de prendre une décision simple : la séparation stricte entre banque de dépôt et banque d’investissement. [...]
Les gros intérêts qui nous ont amenés dans la situation où nous sommes aujourd’hui sont toujours là, toujours présents, toujours puissants et peut-être même encore plus puissants.
Êtes-vous favorable à la taxe carbone ?
Je trouve injuste qu’on rembourse la même chose aux riches et aux pauvres, à ceux qui ont les moyens et à ceux qui ne les ont pas. [...] Il y a une injustice dans cette décision.
Que pensez-vous de la proposition de fiscaliser les indemnités d’accidents du travail ?
Un homme ou une femme qui a un accident du travail ne peut plus travailler. Il perd les primes liées à l’activité, les heures supplémentaires s’il en faisait et 40 % de son salaire.
C’est pour cela qu’on avait dit, pour contrebalancer un peu, on ne fiscalisera pas les indemnités.
On revient là-dessus. Ce sont les plus fragiles que l’on fait payer, ceux qui ont la malchance d’avoir un accident de la vie.
Ce sont eux qui vont être mis à contribution. Je trouve qu’il s’agit, là encore, de choix injustes.
Vous avez lancé une « offre publique de dialogue » à tous ceux qui veulent préparer l’alternance à Nicolas Sarkozy. Avez-vous eu des réponses ?
Concrètement, j’ai reçu beaucoup de réponses positives, mais je n’ai pas l’intention de dire de la part de qui parce que sinon, demain, toute l’affaire serait par terre. Beaucoup de gens m’ont
dit que c’était une bonne idée et ont l’intention de participer à ce dialogue. Il y en a plus que ceux qui m’ont dit non.
Mais comme vous le voyez, cela crée, du même coup, une ligne de clivage intéressante.
Selon moi, si on n’est pas capable de se parler, il n’y a pas d’alternance crédible.
Tous ceux qui refusent prennent une responsabilité simple : ils choisissent le régime actuel pour dix ans.
[...]
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Article paru dans l’édition de La Croix du 25 septembre 2009
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Philippe FERAL
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Des Infos du Conseil (F VAREILLES)