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Par Le Figaro
Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 12:30
Source : Le Figaro - Rodolphe Geisler - 19/08/2009

Pour le président du MoDem, hommes politiques et architectes vont souvent de pair. Il avoue admirer l'œuvre de Jean Nouvel et d'Oscar Niemeyer.

«Sensible à la place de l'architecture dans la société et au bien qu'elle y apporte», François Bayrou apprécie «le travail sur la matière» du Brésilien Oscar Niemeyer, dont il rêve de visiter le siège du Parti communiste, place du Colonel-Fabien, à Paris. Il admire aussi l'Aquitain Jean Nouvel, «architecte de la forme et de la lumière».
Crédits : Anatole MIARA/CIT'image
«Sensible à la place de l'architecture dans la société et au bien qu'elle y apporte», François Bayrou apprécie «le travail sur la matière» du Brésilien Oscar Niemeyer, dont il rêve de visiter le siège du Parti communiste, place du Colonel-Fabien, à Paris. Il admire aussi l'Aquitain Jean Nouvel, «architecte de la forme et de la lumière».

Le président du Mouvement démocrate (MoDem) aime surprendre son monde. On lui connaissait la passion des chevaux - il possède de nombreuses pouliches ; cet été, il a d'ailleurs été aperçu à une vente à Deauville -, moins celle de… l'architecture. «L'une de mes passions secrètes», dit-il. En fait, «si j'avais eu une autre vie, j'aurai pu être architecte», confie le chef [démocrate] et «architecte» du MoDem.

 

Pour François Bayrou, «tout grand projet de société fait naître une architecture». «Je suis très admiratif et sensible à la place de l'architecture dans la société et au bien qu'elle y apporte. À l'inverse, on le voit en période de pauvreté architecturale, c'est toute la société qui souffre», explique-t-il. Pour appuyer sa démonstration, le député du Béarn donne en exemple les cités construites après la guerre, «dont le parti pris architectural systématique a empêché ou a nui à l'intégration».

 

Lorsqu'il est en déplacement, François Bayrou est capable de s'arrêter net à la vue d'un ­paysage. De montagne, par exemple. C'est son côté parfois un peu contemplatif. Un peu rêveur aussi. Sa passion pour l'architecture, elle, est plus intellectuelle. Le lettré, agrégé de lettres classiques qu'il est, ressort. Mais là encore, l'émotion ressentie devant un bâtiment peut le saisir. Il s'en cache rarement.

 

Entretien secret avec Georges Marchais

Par exemple, fin avril, lors d'un déplacement à Londres à l'occasion de la campagne des européennes, le président du MoDem n'a pu s'empêcher de marquer une pause face à la vue d'un vieux collège anglais. Devant une inscription latine, il a alors fait remarquer en substance à son entourage : «Regardez, ressentez-vous à cette vue toute l'âme d'une grande société ?»

 

Mais sa passion pour l'architecture lui cause parfois de petites frustrations. Des regrets. Pour la petite histoire, lorsqu'il était ministre de l'Éducation nationale, il avait un jour pris son téléphone et s'était «entretenu en secret» avec Georges Marchais, alors secrétaire général du PCF. Il n'avait été nullement question de politique. François Bayrou, qui nourrit une réelle passion pour l'œuvre d'Oscar Niemeyer, rêvait de visiter le siège du Parti communiste, place du Colonel-Fabien, conçu par le grand architecte brésilien. «Georges Marchais avait accepté avec gentillesse», se souvient-il. Mais, hélas, le leader communiste décédait peu de temps après leur entretien. Du coup, «ça ne s'est jamais fait», regrette encore aujourd'hui le chef [démocrate] .

 

De l'œuvre d'Oscar Niemeyer, qui fêtera en décembre son cent deuxième anniversaire, Bayrou retient «la passion du béton». «L'architecture, assure-t-il, c'est aussi le travail sur la matière. L'intuition de Niemeyer, bien avant la guerre de 40, c'était que le béton allait offrir une liberté nouvelle, notamment de forme, à l'architecte.»

 

Parmi les bâtisseurs qui retiennent encore son attention, François Bayrou cite Jean Nouvel, «un Aquitain comme moi», qu'il décrit comme «un architecte de la forme et de la lumière». Parmi les réalisations de Jean Nouvel, dont il fait la liste en connaisseur, François Bayrou insiste sur le Musée des arts premiers, quai Branly à Paris, «où je vais très souvent, car, il est vrai, il n'est pas loin de mon bureau», confie-t-il. Il parle encore du père de la Pyramide du Louvre, Ieoh Ming Pei, projet voulu par François Mitterrand.

 

Prix de la maîtrise d'ouvrage

François Bayrou se rêve-t-il en «roi bâtisseur», comme le furent François Ier ou Louis XIV ? L'ancien candidat aux présidentielles de 2002 et 2007 esquive. «À chaque temps sa vocation», tranche-t-il, même s'il reconnaît que souvent politiques et architectes vont de pair. Il est, par exemple, une réalisation architecturale dont le député des Pyrénées-Atlantiques est particulièrement fier. Elle se trouve dans sa bonne ville de Pau. Il s'agit de la construction du nouveau siège du conseil général.

 

Avec l'architecte Philippe Charles-Dubois, François Bayrou a même reçu le «prix architecture et maîtrise d'ouvrage». C'était en 2002. «C'est un prix qui récompense à la fois le décideur et l'architecte. J'étais à l'époque aux responsabilités du département. Le jury était présidé par Louis Schweitzer, à l'époque président de Renault», précise François Bayrou.

 

Cette «passion secrète», aujourd'hui dévoilée, continue de nourrir ses rêves. Mais cet été, c'est en architecte de son parti politique qu'il a œuvré. Sous la pression de nombreux cadres du MoDem, qui jugeaient sa pratique «trop personnelle», il a dû revoir les plans de son mouvement. Et procéder à de nouvelles nominations au bureau exécutif. Une nouvelle architecture qu'il présentera les 4 et 5 septembre, à La Grande-Motte, à l'occasion de l'université de rentrée de son parti.

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